18 Décembre 2020

2020, point tournant pour la philanthropie – Entrevue avec Caroline Bergeron à Radio-Canada

Cette année 2020 marque un point tournant pour la philanthropie, selon Caroline Bergeron, responsable du certificat en gestion philanthropique de la FEP dans son entrevue avec Catherine Perrin pour Radio-Canada. Pour la chercheure au Réseau canadien de recherche partenariale sur la philanthropie (PhiLab), la « COVID a précipité une situation de déficit social que l’on voyait déjà venir ».

Non seulement les besoins sociaux sont supérieurs à la quantité de services offerts au Canada, mais on constate également le vieillissement des donateurs importants et donc, à moyen terme, une réduction du nombre de mécènes. Cette tendance à la baisse s’est accentuée pendant la crise qui a vu une diminution des dons, en nombre et en valeur, de même qu’une baisse drastique du bénévolat puisqu’en ce contexte de pandémie, les 13 millions de bénévoles du Canada n’ont pas pu aider autant que d’habitude.

Les organismes à but non lucratif (OBNL) ont par ailleurs dû repenser complètement leur approche de la philanthropie et intégrer le défi du numérique au cœur de leur culture. C’est particulièrement notable en cette fin d’année qui est traditionnellement la période-clé pour récolter des fonds et qui voit l’annulation de tous les évènements-bénéfices, au point que 23 % des organismes de bienfaisance pensent ne pas survivre, selon les données présentées par Catherine Perrin.

Toutefois, Caroline Bergeron garde bon espoir car si le nombre de donateurs diminue, les montants offerts par les plus généreux de ces donateurs, eux, augmentent. Autres points positifs : les nouvelles générations apportent une importance grandissante à la communauté et les nouveaux arrivants donnent activement aux personnes dans le besoin.

Il reste donc à entretenir ces dons en activant les raisons qui font que les donateurs donnent : le désir d’aider, surtout quand on est lié personnellement à la cause, et les appels à don des organismes. Ce dernier point montre bien l’importance croissante pour les OBNL de développer une expertise en philanthropie et de pourvoir ces postes.

Il reste également à déconstruire les mythes dont souffre la philanthropie, comme le fait que les services sociaux sont de la responsabilité du gouvernement et non des citoyens et citoyennes et que les petits montants n’aideront pas tant que cela. « Chaque don compte. Chaque don. Un don de 5 $ permettra peut-être d’acheter un masque à un bénévole », insiste Éricka Alneus, conseillère en philanthropie de l’organisme Pour 3 Points et diplômée du certificat en gestion philanthropique qui était présente dans l’entrevue. Pour ce qui est de la responsabilité des services sociaux, Caroline Bergeron confirme que c’est du ressort en premier lieu du gouvernement, mais que nous gagnerons tous à construire, ensemble, une communauté solidaire et engagée auprès des siens. Elle souligne notamment l’importance de l’éducation à l’engagement social, qui s’acquière principalement dans la famille, mais aussi à l’école.

Pour écouter l’entrevue Du côté de chez Catherine | Radio-Canada Première

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