14 Février 2022

8 conseils précieux pour les gestionnaires en 2022

Télétravail, relocalisation de la main-d’œuvre, recrutement à distance… si le poste de gestionnaire avait son lot de défis avant la pandémie, il est soumis à bien des remous depuis. Alors que nous sortons doucement de la crise, comment pérenniser ces nouvelles conditions de travail et créer un climat de travail sain et productif ? Comment continuer à motiver ses équipes et à obtenir le meilleur d’elles-mêmes ? Grâce à ses nombreux certificats et baccalauréats en gestion, ainsi que ses formations de courte durée pour les entreprises, la Faculté de l’éducation permanente partage ici huit conseils précieux pour vous aider à naviguer dans les eaux parfois troubles mais captivantes de la gestion en 2022.
  1. Intéressez-vous à votre équipe

Cela peut paraître évident, mais gérer une équipe requiert une certaine dose, voire une dose certaine de bienveillance, d’altruisme et de psychologie. Cette attention à l’autre est une qualité essentielle lorsqu’il s’agit de comprendre le fonctionnement de chaque personne qui compose son équipe. C’est cette analyse qui permet d’identifier leurs leviers de motivation, leurs limites, leurs enjeux et donc de prendre les bonnes décisions et d’optimiser leur apport à l’organisation. C’est en détectant les changements d’humeur et d’attitude, le niveau de fatigue, le ton des courriels que la personne gestionnaire peut adapter sa façon de gérer. Sans cela, elle se verra limitée dans ses alternatives.

« L’humanité est une qualité essentielle quand on gère une équipe. Les gestionnaires qui ne s’intéressent pas à leurs équipes ne sauront pas lire entre les lignes et détecter les signaux de telle personne qui se met à répondre plus abruptement à ses courriels ou de telle autre qui arrive de plus en plus souvent en retard. Et cela les limite dans leur capacité de gestion. La gestion d’équipe est un rôle empreint d’humanité et de finesse psychologique, et c’est le niveau de sensibilité de la personne qui l’aidera à faire progresser au mieux les membres de son équipe » explique Isabelle Bédard, présidente-directrice générale de CIB Développement organisationnel et formatrice en gestion au Centre de perfectionnement de la Faculté de l’éducation permanente.

Jacques Fortin, chargé de cours au certificat en gestion des services de santé et des services sociaux, le confirme : « Devenir gestionnaire implique de s’intéresser aux autres. On n’est pas obligé de devenir amis, mais s’il y a trop de personnes avec qui on ne s’entend pas ou auxquelles on ne s’intéresse pas, c’est qu’on n’est peut-être pas fait pour la gestion et qu’on risque de développer une attitude de contrôle qui ne fonctionnera pas ».

  1. Apprenez à déléguer

Pour Isabelle Bédard, qui donne notamment la formation en ligne Déléguez sans perdre le contrôle, même à distance du Centre de perfectionnement, à moins d’une aisance naturelle à déléguer, c’est une démarche qui peut s’avérer difficile car par manque de temps, beaucoup de personnes ne savent pas comment s’y prendre pour déléguer.

Or en 2022, dans un contexte où le télétravail devient la norme, déléguer n’est pas juste un atout, mais une condition de base pour créer un climat de confiance quand on doit superviser à distance. C’est donc essentiel pour attirer mais aussi garder les employé·es.

« Malheureusement, quand on ne fait pas preuve d’humanité ou qu’on ne sait pas déléguer, on l’apprend souvent « à la dure. » » confie Isabelle Bédard. « Et l’apprendre à la dure, c’est payer cher d’avoir manqué d’écoute et de sensibilité envers les autres. Écouter son équipe et faire confiance à ses employé·es sont donc des conditions sine qua none pour obtenir le meilleur de ces personnes, qui, ne l’oublions pas, sont essentielles pour livrer le travail que vous devez livrer. »

  1. Prenez soin de votre santé

La pandémie est venue nous le rappeler de la manière forte : la santé est primordiale. Être gestionnaire aujourd’hui demande vraiment de prendre soin de sa santé tant physique que psychologique car le contexte actuel d’incertitudes et de changements est extrêmement exigeant. C’est une condition pour dégager la motivation et l’enthousiasme nécessaires pour inspirer et accompagner plus loin les membres de son équipe.

« Cela faisait longtemps que l’on vivait des changements très rapides. Le manque de ressources, d’argent et de personnel depuis plusieurs années a fait qu’on s’est habitués à vivre à un rythme effréné au point que les employé·es et les gestionnaires font de plus en plus de burn-outs. Prendre soin de sa santé est la seule façon de tolérer une forte dose de stress de façon soutenue. Les personnes gestionnaires auront beau avoir toutes les compétences requises, si elles n’ont pas la santé, cela ne fonctionnera pas. » rappelle Isabelle Bédard.

De plus en plus de professionnel·les des ressources humaines et de gestionnaires choisissent d’ailleurs de poursuivre leur formation tout au long de leur carrière pour prévenir la santé au travail en suivant par exemple un Certificat en Santé et sécurité au travail.

  1. Ayez l’esprit ouvert

« Être gestionnaire, c’est être dans un laboratoire. Que vous ayez 5 ou 300 employés, c’est en essayant de nouvelles approches, de nouvelles stratégies que vous allez trouver la posture de gestion qui va vous caractériser. Il faut vous faire confiance. » partage Jacques Fortin.

Cette prise de risque et cette ouverture à l’inconnu demandent une grande ouverture d’esprit. C’est d’autant plus vrai dans un contexte de changements constants, comme le souligne Isabelle Bédard. « Depuis la pandémie, nous sommes entrés dans une époque, pas juste un période, où il faut expérimenter de nouveaux sentiers. On peut s’inspirer de ce qui s’est fait avant, mais on ne peut absolument pas s’en contenter. Il faut aller voir ailleurs comment ça se passe. Il faut essayer des choses qu’on n’a jamais faites. » souligne-t-elle, en donnant l’exemple de certaines entreprises qui « osent », en proposant le même salaire, avec des heures de travail en moins par semaine ou en créant de nouveaux postes d’animateur et animatrice de réunions virtuelles ou de responsable de l’intégration d’une nouvelle personne dans l’entreprise. « Ce sont des modes de gestion participatifs qui font appel à l’intelligence collective. C’est audacieux. Cela fait partie des qualités qu’on recherche chez les gestionnaires, ce brin d’audace et cette tolérance à la prise de risque. Ce sont les personnes qui oseront prendre le leadership et prendre à bras le corps le changement qui se démarqueront ».

Pour la consultante et chargée de formation, il ne s’agit plus seulement de s’adapter, c’est-à-dire de s’accommoder le plus vite possible, mais d’aller plus loin et de faire preuve d’avant-gardisme pour se maintenir sur le marché. « Beaucoup de gestionnaires doivent lutter en premier lieu contre leur propre résistance au changement. Je leur conseille souvent « avant de dire non, adoptez la règle du « et pourquoi pas ? ». Plutôt que de voir les obstacles, regardez comment vous pourriez les contourner. » Et ce conseil est valable dans tous les domaines : télétravail, formations offertes aux employé·es… » Le cours Pratiques de gestion innovantes et mobilisatrices du Certificat en relations industrielles permet notamment d’aborder cette thématique.

  1. Soyez humble

Parce qu’il y a plus d’idées dans 5 ou 6 têtes que dans une seule, le travail d’équipe est indispensable. Selon Isabelle Bédard, reconnaître qu’on n’a pas toujours la meilleure solution est le début de la bonne solution. Au-delà de leur responsabilité et imputabilité, les gestionnaires jouent un rôle d’animateur et animatrice où ils consultent et révèlent le potentiel de leurs équipes.

  1. Faites preuve de leadership et de courage managérial

Dans ses cours de gestion, Jacques Fortin donne souvent le conseil d’embrasser son rôle : « Prenez tout l’espace qu’on vous donne. Vous êtes un patineur ou une patineuse… prenez toute la patinoire ».

Ce leadership englobe plusieurs des conseils précédents comme oser prendre des risques, être attentif à chaque personne de l’équipe, combattre ses propres résistances au changement. Pour Isabelle Bédard, il s’agit de faire preuve de force de caractère et d’avoir le sens du devoir : « Le courage managérial est la base de la gestion. Il faut être capable de livrer des messages impopulaires ou de protéger son équipe en la soutenant vis-à-vis de la direction. »

Au besoin, réseautez avec vos collègues d’autres services ou d’autres organisations. Vous n’êtes jamais seul·e même si vous êtes le seul directeur ou la seule directrice, pensez à votre santé mentale !

  1. Ouvrez-vous à la diversité

« Quelqu’un qui ne veut travailler qu’avec des gens qui lui ressemblent est rapidement limité. Cela fait aussi partie de l’humilité du gestionnaire de reconnaître qu’il ou elle a besoin de jeunes, de personnes plus âgées, de personnes d’autres cultures, d’autant plus dans une période de pénurie d’employé·es. » explique Isabelle Bédard.

Cela fait également écho à l’ouverture d’esprit dans le sens où il faut accepter d’expérimenter. Le monde du travail est en transformation profonde et la gestion du changement est continuelle donc cela demande des nerfs solides et de l’agilité.

  1. Faites preuve de bienveillance envers vous-même

La tâche est rude car nous sommes dans l’inconnu à plusieurs égards. Faites-vous confiance et soyez bienveillant·e envers vous-même. « La pandémie nous a montré que nous devons faire différemment. Le rôle de gestionnaire n’a pas changé mais il a évolué à tous les niveaux. » partage Isabelle Bédard. « Les conditions de travail sont remises en question, la santé mentale est une préoccupation majeure, la localisation des employé·es est soumise à négociation… sans oublier que l’évaluation du rendement ne peut plus se faire de la même manière, tout comme la formation des employés, leur recrutement, leur accueil, leur intégration, leur rétention… tout cela a changé. Les gestionnaires ont les mêmes missions, mais doivent les réaliser différemment. C’est comme si tout s’était modernisé à un rythme inattendu et épuisant pour les gestionnaires. Et nous sommes encore dans la phase exploratoire. Prenez le télétravail par exemple. Très peu d’entreprises ont cheminé en la matière, donc il n’y a pas d’historique. Dans 10 ans, il y aura des normes, mais pour l’instant, il n’y en a pas. C’est une période où on peut vraiment expérimenter. Je dis souvent à mes étudiant·es « ne cherchez pas la réponse dans les livres, vous devez proposer des façons de faire nouvelles, amusez-vous! Réécrivez la suite, l’avenir vous appartient ! »

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