Regard étudiant 30 Janvier 2019

À hauteur de résilience

Une excursion en plein air avec Jean-Philippe Leblanc, fondateur de Face aux vents
Jean-Philippe Leblanc a mis en place l’organisme Face aux vents, qui allie le parcours thérapeutique à celui d’expéditions en plein air. Étudiant au Certificat en santé mentale : fondements et pratiques d’intervention, le guide d’aventure met aujourd’hui le cap sur les sommets de l’altruisme.

« Notre approche est complémentaire à celles comme la médication ou les suivis psychosociaux, dit Jean-Philippe Leblanc. On invite les gens à sortir de leurs zones de confort et à relever certains défis. »

Le sentiment du risque, l’intervenant le connaît bien. Jeune, il travaille comme boulanger afin de financer ses excursions au Népal, au Pérou ou en encore en Tanzanie. « À 25 ans, j’avais fait les chaînes les plus périlleuses du monde, raconte-t-il. Je voyageais régulièrement seul et je ne compte plus les fois où je me suis trouvé pris entre deux glaciers, dans une situation pas possible. »

Une feuille de route qui l’amène tôt à obtenir une certification de l’Association canadienne des guides de montagne et à intégrer l’équipe de Karavanier, la plus importante entreprise en tourisme d’aventure au Québec. On lui confie les missions les plus exigeantes. « Les gens veulent avoir leurs photos sur Facebook au sommet du Mont Kilimandjaro, relève Jean-Philippe. Lorsqu’ils n’atteignent pas le sommet, il arrive qu’ils soient détruits psychologiquement. »

En 2012, on lui demande d’organiser une fin de semaine en plein air avec des personnes fréquentant la Clinique pour Jeunes adultes psychotiques (JAP) du CHUM. Il raconte que le succès de l’aventure prend pratiquement de court l’équipe soignante de cette clinique s’adressant aux jeunes adultes en rémission d’un premier épisode de psychose.

On invite le guide à mener de nouvelles excursions puis à former un OBNL. Aujourd’hui, Face aux vents offre des thérapies par l’aventure en partenariat avec des cliniques et des organismes de partout au Québec.

 

Jalons de confiance

« Ce que j’aime est d’amener les gens à découvrir leurs forces, dit-il. Dans la posture et dans les yeux, je le vois quand la personne a réussi quelque chose et qu’elle est fière d’elle. »

Lors des voyages, on invite les participants et les participantes à se donner des objectifs et à les relever dans un esprit d’entraide. Ce qui fait des excursions une occasion de gagner confiance et d’établir des relations humaines. « Le groupe constitue le moteur d’intervention, dit Jean-Philippe. Ensuite, il y a des échanges collectifs et c’est à chaque personne de trouver ses solutions. »

D’ailleurs, il souligne qu’il tient en premier lieu à un lien authentique. « Je n’en ai rien à faire des étiquettes, dit-il aux personnes qu’il accompagne. Ce qui m’intéresse, c’est de connaître qui tu es et comment on va faire un projet ensemble. »

Après avoir fait ses premières armes dans la pratique, il constate que ses interventions gagnent en profondeur grâce aux cours du Certificat en santé mentale. Il apprend également à développer un langage commun avec les professionnels et professionnelles de la santé, qui accompagnent chaque fois leur clientèle lors des séjours en plein air. « J’établis des ponts entre mes cours et mes interactions, dit-il. Cela donne une autre dimension à mon travail. »

 

Vent de changement

Il note que la sortie du contexte clinique ou thérapeutique habituel enrichit la relation d’aide. « Lorsqu’on pratique un sport et que quelqu’un se rend compte qu’il est meilleur que son médecin, il y a quelque chose de beau qui se passe, soulève-t-il. En fait, la relation s’humanise. »

D’ailleurs, il croit que le succès de son initiative témoigne d’un mouvement de renouveau dans le milieu de la santé. « Souvent, on entend que les psychiatres vont juste donner des pilules, dit-il. Ce que je vois chez la jeune génération de praticiennes et de praticiens, que ce soit en psychiatrie, en psychoéducation ou en ergothérapie, c’est une ouverture d’esprit incroyable. »

Actuellement, Face aux vents investit particulièrement des partenariats avec des organismes communautaires comme PECH-Sherpa, qui œuvre à Québec. « On travaille avec différents profils, dit-il. On s’aperçoit dans les milieux de soutien et d’accompagnement qu’au-delà de la parole, l’expérience d’une situation concrète constitue un moyen de changement et de guérison très efficace. »

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