Le certificat en intervention en déficience intellectuelle et en troubles du spectre de l’autisme de la Faculté de l’éducation permanente (FEP) de l’Université de Montréal se distingue par son approche pratique et son impact direct sur les carrières du personnel intervenant, lui permettant ainsi de mieux répondre aux besoins des individus et de leurs familles. À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, la FEP a rencontré Lorraine Doucet, chargée de cours passionnée et expérimentée du programme. À travers son parcours, découvrez comment ce certificat transforme les pratiques et offre les outils concrets pour faire une réelle différence dans la vie des personnes accompagnées.
Le 2 avril, à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, il est crucial de rappeler l’importance de soutenir les personnes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme et de leur offrir des interventions de qualité. En parallèle, des programmes de formation adaptés aux besoins du personnel intervenant sont tout aussi essentiels pour accompagner efficacement ces personnes et leurs familles. C’est dans cette optique qu’est né le certificat en intervention en déficience intellectuelle et en troubles du spectre de l’autisme (DI TSA), un programme qui prépare le corps professionnel à relever les défis du terrain.
Pour en savoir plus sur l’impact de ce programme, nous avons rencontré Lorraine Doucet, chargée de cours au sein de la Faculté où elle enseigne depuis la révision du certificat en 2012. Depuis plus de 40 ans, elle œuvre dans le domaine de la psychoéducation et la réadaptation psychosociale. Elle nous livre son regard sur l’évolution des pratiques et l’importance d’une formation ancrée dans la réalité du terrain.
Une approche centrée sur la pratique
Lorraine Doucet, forte de son expérience en tant que conseillère à l’inclusion scolaire et sociale, met l’accent sur l’importance d’une approche pratique dans l’enseignement. Être capable de rendre concret le concept scientifique qu’elle veut que ses étudiants et étudiantes apprennent est une formalité. « Je dis toujours aux étudiants et aux étudiantes que quand nous sommes en intervention, nous n’avons pas le livre sous le bras. Nous avons juste l’obligation de réfléchir rapidement », explique la spécialiste sur un ton enjoué. Cette vision pragmatique guide l’ensemble du programme, qui repose sur des travaux pratiques et des mises en situation réelles, permettant aux personnes étudiantes de se confronter directement aux défis du quotidien entourant les familles et le personnel intervenant.
Ses deux cours au sein du certificat permettent de développer des compétences essentielles pour interagir avec les familles, comprendre leurs réalités et mener des interventions éthiques et adaptées. Selon la chargée de cours, « souvent, les intervenants et les intervenantes rencontrent les familles dans des situations difficiles, lorsqu’elles reçoivent des nouvelles inquiétantes concernant un diagnostic. Donc il faut savoir communiquer et parler d’une façon bienveillante. » Son cours Intervenir avec les familles (IDI 2130) donne les outils au personnel intervenant pour créer le premier contact, un moment déterminant qui peut changer leur manière d’intervenir à l’avenir, mais aussi pour élucider la réalité du quotidien des familles. Son deuxième cours Éthique de l’intervention (IDI 2020), quant à lui, amène à la réflexion pour des interventions justes.
Lorraine Doucet souligne que le public étudiant vient souvent d’horizons variés, avec des parcours professionnels bien établis : « Je rencontre des personnes qui opèrent un retour aux études, parfois même d’un certain âge, avec une expérience significative qui souhaitent parfaire leur formation », analyse la professionnelle. Ce mélange d’expérience et de perspectives enrichit les échanges en classe et offre un cadre propice à l’apprentissage. « Le certificat en intervention en déficience intellectuelle et en troubles du spectre de l’autisme est un programme conçu pour les professionnels et professionnelles qui souhaitent approfondir leurs compétences ou mettre à jour leurs connaissances », insiste la chargée de cours.
Une réflexion continue pour une pratique améliorée : la dimension humaine au cœur de l’enseignement
Au fil des années, Lorraine Doucet a vu évoluer les pratiques et les exigences vis-à-vis des personnes vivant avec une déficience intellectuelle et un trouble du spectre de l’autisme. Elle constate que le personnel intervenant prend de plus en plus conscience de l’importance de la réflexion dans sa pratique. « Souvent, mes étudiantes et mes étudiants me disent que c’est la première fois qu’ils prennent le temps de réfléchir sur leurs interventions. Cela leur permet d’améliorer leur approche et de mieux répondre aux besoins des personnes qu’ils accompagnent. »
Pour la chargée de cours, l’objectif est clair : amener son auditoire à se questionner sur ses interventions. « Il faut se questionner pour améliorer ses pratiques d’intervention. Se demander : est-ce que c’est la meilleure manière d’intervenir dans telle situation donnée ? » Cette démarche de remise en question permet de garantir que l’accompagnement est non seulement adapté aux besoins des individus, mais aussi respectueux de leurs particularités.
Un autre aspect fondamental du certificat, souligné par Lorraine Doucet, est la prise en compte de la dimension humaine et personnelle de l’intervention. Maman adoptive d’un enfant atteint de trisomie 21, son vécu personnel nourrit sa pratique professionnelle et enrichit son enseignement. Elle insiste sur l’importance de se mettre à la place des familles et des individus, de comprendre leurs réalités pour mieux les accompagner, car « il est important et presque nécessaire d’avoir le regard d’une maman et de s’adresser à une personne comme une maman le ferait », explique-t-elle avec douceur et bienveillance.
Sensibilisation à l’autisme : un enjeu crucial
La Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme rappelle l’importance de lutter contre les stéréotypes et de reconnaître les capacités des personnes vivant avec le TSA. Lorraine Doucet insiste sur l’importance de voir au-delà du diagnostic et de considérer chaque personne dans sa singularité, donnant même une définition du mot spectre dans ce contexte. « Quand nous parlons de spectre, cela veut dire que nous pouvons avoir 10 personnes qui ont le même diagnostic, mais qui sont toutes différentes. Les interventions doivent être adaptées à chaque individu. L’autisme est juste un diagnostic, un état. Une personne a les yeux verts, les cheveux bruns, tout comme elle a un diagnostic d’autisme. Pourquoi devrions-nous l’identifier comme autiste ? Le diagnostic d’autisme est un élément déclencheur de peur, mais il ne définit pas une personne », explique-t-elle avec le regard de la spécialiste, rappelant que la reconnaissance du TSA et l’accès à des services appropriés ont considérablement évolué, offrant aujourd’hui un meilleur soutien aux familles et une plus grande reconnaissance des droits des personnes autistes.
Le certificat en intervention en déficience intellectuelle et en troubles du spectre de l’autisme représente une opportunité pour les membres professionnels de se former, de se remettre en question et de développer des compétences clés pour transformer leur pratique. Que ce soit à travers des cours en présentiel, des travaux pratiques ou des discussions enrichissantes, les étudiantes et les étudiants sont préparés à répondre aux besoins des familles et des individus.
Grâce à des interventions adaptées et une approche humaine, il est possible d’offrir un environnement où ces personnes peuvent s’épanouir pleinement. Pour cela, il est indispensable que le personnel intervenant du domaine soit bien formé, bien accompagné et constamment en réflexion sur ses pratiques, comme l’illustre parfaitement l’engagement de Lorraine Doucet dans son enseignement et son travail au quotidien.
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